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mardi 21 août 2012

Мой папа Барышников (2011) Mon père, c'est Baryshnikov ! ****


Pas de Perestroïka pour Boria, un gamin rêvant de devenir danseur étoile au Bolchoï. Pour l'instant, il est le canard boiteux de sa classe de danse, et la ballerine vedette de l'école, qu'il aime éperdument, l'ignore somptueusement. Alors que tout semble vraiment mal s'engager pour Boria, il s'auto persuade qu'il est le fils de Baryshnikov.
Cette comédie douce-amère recrée l'ambiance frugale et morose de l'ère gorbatchévienne, où les rêves décuplent proportionnellement à la frugalité croissante de l'existence. Les réalisateurs Dmitri Povolotski et Mark Drugoi font passer le message via une voix off : les coups que Boria prend sur la gueule, parfois mérités mais le plus souvent injustes, l'ont sorti de ses rêves et lui ont permit de réussir dans l'ère suivante. On ne l'a pas laissé atteindre l'excellence en matière artistique. Il a développé un talent dans les affaires. S'est payé le Bolchoï. Son nom est finalement sur l'affiche.
En filigrane, une histoire de juif russe, punit d'être "spéculateur", trop malin, trop indépendant, et qui prend sa revanche en devenant oligarque lorsque le régime bascule.
Les amateurs de ballets trouveront certainement une tapée d'imperfections dans les pointes du jeune Dmitri Vyskoubenko, mais son interprétation épate. Il est juste de bout en bout et porte tout le film sur ses frêles épaules.

lundi 23 janvier 2012

Мелодия для шарманки (Muratova) it's a wild, wild world...****


On a retrouvé il y a quelques semaines dans une gare du fin fond de l'Ukraine un ancien candidat au poste de gouverneur de l'Arizona. Kira Muratova, a trouvé elle deux gamins fugueurs dans la même région. Ce qui est moins étonnant, mais bien plus sordide. Les deux gamins, une fillette et son jeune frère se retrouvent sur le pavé après la mort de leur mère et tente de survivre dans l'indifférence générale.
Contrairement à ce que le sujet pourrait suggérer, point de misérabilisme ici. L'épopée des deux gamins prendrait même une tournure initiatique, si l'aventure de mène à rien de positif. C'est un conte de Noël pour les mécréants et les réalistes. Nul doute que nous sommes pour la plupart enferrés dans nos égoïsmes, sinon de telles histoires n'arriveraient-elles pas, ou du moins nous paraitraient-elles improbables. En dépit de l'aspect tragique de "mélodie pour orgue mécanique" ne nous brise pas le coeur. Le film est porté par l'humour et la vivacité des deux gamins. Il ne ressemble pas vraiment à ce que je connais de Muratova, mais sa filmographie comporte déjà des oeuvres très différentes les unes des autres.
Il faut saluer avant tout deux très jeunes interprètes dotés d'un talent formidable et une épatante direction d'acteur. Peut-être inspireront-ils quelques trucs de survie au politicien américain devenu apprenti SDF en Ukraine ?