Et cette musique, sur laquelle est construite le film, la musique exécutée lors du concert de Jérusalem. Cette musique déborde de partout, noie le film du début à la fin dans un gluant et pompeux pastiche de Jean-Sébastien Bach. Le Mitropolite Ilarion est l'auteur de cette nouvelle "passion selon Saint-Matthieu" et c'est vraiment triste. D'être à ce point réactionnaire, laborieux, dépourvu d'imagination. Ce ne sont que des marches harmoniques "à la...", du contrepoint besogneux. Nullissime ! Comment Lounguine a-t-il pu accepter d'utiliser une partition aussi pauvrement imitative du génie de Leipzig ? Il faut vraiment être totalement dépourvu de culture musicale pour ne pas voir l'imposture. Du Bach terne au possible, chanté en russe. Pauvre Russie qu'on force à acclamer des baudruches pareilles. Du faux baroque russe !!! Pas besoin d'être adepte de la secte boulézienne pour être écœuré par la moisissure avancée. C'est du Bach décomposé.
jeudi 11 octobre 2012
Дирижёр (Chef d'Orchestre, 2012) Lounguine s'enfonce dans le pafos ***
Et cette musique, sur laquelle est construite le film, la musique exécutée lors du concert de Jérusalem. Cette musique déborde de partout, noie le film du début à la fin dans un gluant et pompeux pastiche de Jean-Sébastien Bach. Le Mitropolite Ilarion est l'auteur de cette nouvelle "passion selon Saint-Matthieu" et c'est vraiment triste. D'être à ce point réactionnaire, laborieux, dépourvu d'imagination. Ce ne sont que des marches harmoniques "à la...", du contrepoint besogneux. Nullissime ! Comment Lounguine a-t-il pu accepter d'utiliser une partition aussi pauvrement imitative du génie de Leipzig ? Il faut vraiment être totalement dépourvu de culture musicale pour ne pas voir l'imposture. Du Bach terne au possible, chanté en russe. Pauvre Russie qu'on force à acclamer des baudruches pareilles. Du faux baroque russe !!! Pas besoin d'être adepte de la secte boulézienne pour être écœuré par la moisissure avancée. C'est du Bach décomposé.
mardi 9 octobre 2012
Бездельники (2011) Jean foutres nostalgiques ***
Бездельники est la première fiction d'Andreï Zaïtsev, jeune réalisateur de documentaires remarqués. Il suit les amours de trois jeunes adultes dans le Moscou des années 2000, le tout bercé par la musique du groupe Kino. Le personnage principal porte une ressemblance très soulignée avec feu Viktor Robertovitch Tsoï, le cultissime chanteur de Kino, fauché en pleine gloire en 1990. Le décalage temporaire semble n'avoir aucune importance pour la jeunesse actuelle, dont la partie la plus romantique connaît par cœur toutes les chansons du groupe.
De là à construire un film sur les chansons de Tsoï, il y a un pas que n'hésitent pas à faire les requins trop heureux de capitaliser sur la création d'autrui. Zaïtsev n'est pas de ceux-là. Son approche sincère et romantique - encore une fois - chercher à recueillir la substantifique moelle d'une génération. Là où le bât blesse, c'est qu'il filme la tragédie amoureuse à la manière d'un documentaire. Il ne parvient pas à construire une tension dramatique On reste le plus souvent au niveau d'un cinéaste amateur filmant ses amis faisant la fête. Il fait trop la fête avec ses amis au détriment du matériau cinématographique. On est ravi que le collectif d'acteurs se soit bien éclaté pendant le tournage, mais une salle de ciné réclame un autre niveau que les pochades de YouTube. Pire, Zaïtsev aime précisément les chansons de Tsoï qui me paraissent être les plus fades (hormis "Maman - Anarchie ; Papa - ballon de rouge"). Il aurait mieux fait de s'inspirer du film éponyme ('Slackers', en anglais) tourné en 1991 par le brillantissime Linklater.
lundi 8 octobre 2012
Белый тигр 2012 (tigre blanc) duel mystico bourrin ***
Et pourquoi pas, finalement ? Après tout, on a tellement été gavés de productions patridiotiques sur la 2ème guerre mondiale (10 par an en moyenne), qu'un peu de délire surnaturel relève le plat. Et puisque la religion prêchée par le Kremlin interdit qu'on discute quoi que ce soit sur le fond, le réalisateur Chakhnazarov change la forme, le genre, l'ambiance. Et peu importe si les faits historiques sont traficotés, les réalités de la guerre piétinées, car de toute façon, le réalisme est passé de mode. Peut-être que Chakhnazarov avait envie de faire un film très personnel, (d'auteur...) mais n'avait pas les moyens de le faire. Sous couverture de film patriotique (unique moyen d'attraper un financement confortable venant du budget fédéral), il a concocté un arrangement entre son sens du devoir, les obligations envers le pouvoir et son ambition artistique. On comprend à la fin (il chausse ses gros sabots) que le Tigre Blanc symbolise le fascisme immortel et invincible. Ou la guerre. Il donne même à Hitler et à Wagner le dernier mot du film, ce qui est plutôt osé ! Mais il est hautement improbable que le jury américain des Oscars (pour le meilleur film étranger) apprécie ce tour de passe-passe saugrenu.
mercredi 26 septembre 2012
"Birobidjan, Birdobidjan", documentaire de Marek Halter ***
Mardi 25 septembre 2012 a eu lieu la première russe du curieux film où Marek Halter se rend dans la "Région Autonome Juive" créée par Staline en 1932 et portant toujours ce nom dans la Russie de Poutine. Il a retrouvé là-bas une poignée de fervent défenseurs de la culture Yiddish, et partage avec eux la nostalgie d'une époque à jamais disparue, lorsque onze millions de Juifs parlaient encore cette langue.
Beaucoup d'images d'archive et beaucoup de parlote, mais le sujet est suffisamment fort et intriguant pour qu'on le regarde de bout en bout. Ce qui est très curieux, c'est qu'on voit finalement peu d'images du Birobidjan actuel, comme si Marek Halter était mal à l'aise avec la preuve de la disparition. N'y étant jamais allé, je n'oserai le contredire, mais j'ai du mal à croire qu'il reste beaucoup de signes du Yiddish dans ce coin désolé à la frontière de la Chine.
Encore plus singulier, le soin que prend Marek Halter à gommer tout antisémitisme chez Staline, qui aurait finalement eu une bonne idée en décidant de "régler la question juive" une fois pour toute en envoyant tout ce que l'URSS comptait de Juifs dans une zone désolée "non infestée d'antisémitisme". Il s'agissait surtout de les éloigner, de leur coller une pioche dans la main pour qu'ils défrichent une terre ingrate. Loin de la description idéale, il faut rappeler que des synagogues ont cramé là-bas aussi et que le vandalisme se manifeste ponctuellement.
Mais Marek Halter préfère se lamenter sur le fait que dès qu'ils en ont eu la possibilité, les Juifs sont rentré en Russie Européenne et surtout on massivement émigré vers Israël. Comme toujours chez cet écrivain passionné, on sent qu'il prend ses désirs pour des réalités, des désirs parfois franchement saugrenus.
Le film a déjà été diffusé par la France 5 en février.
Beaucoup d'images d'archive et beaucoup de parlote, mais le sujet est suffisamment fort et intriguant pour qu'on le regarde de bout en bout. Ce qui est très curieux, c'est qu'on voit finalement peu d'images du Birobidjan actuel, comme si Marek Halter était mal à l'aise avec la preuve de la disparition. N'y étant jamais allé, je n'oserai le contredire, mais j'ai du mal à croire qu'il reste beaucoup de signes du Yiddish dans ce coin désolé à la frontière de la Chine.
Encore plus singulier, le soin que prend Marek Halter à gommer tout antisémitisme chez Staline, qui aurait finalement eu une bonne idée en décidant de "régler la question juive" une fois pour toute en envoyant tout ce que l'URSS comptait de Juifs dans une zone désolée "non infestée d'antisémitisme". Il s'agissait surtout de les éloigner, de leur coller une pioche dans la main pour qu'ils défrichent une terre ingrate. Loin de la description idéale, il faut rappeler que des synagogues ont cramé là-bas aussi et que le vandalisme se manifeste ponctuellement.
Mais Marek Halter préfère se lamenter sur le fait que dès qu'ils en ont eu la possibilité, les Juifs sont rentré en Russie Européenne et surtout on massivement émigré vers Israël. Comme toujours chez cet écrivain passionné, on sent qu'il prend ses désirs pour des réalités, des désirs parfois franchement saugrenus.
Le film a déjà été diffusé par la France 5 en février.
vendredi 21 septembre 2012
Moscou envoie le Tigre Blanc ("Белый тигр") aux Oscars
Pas de de scandale cette année, probablement grâce au fait que Mikhalkov n'avait pas de bouse à proposer pour représenter le cinéma russe. Le jury a été quelque peu renouvelé, avec des noms honorables comme ceux de Zviaguintsev, Sokourov, Todorovsky, Tchoukhaï, Bodrov et Kontchalovsky. Et Mikhalkov, bien sûr. C'est donc le "Tigre Blanc" de Karen Chakhnazarov qui ira affronter les autres films "en langue étrangère" au plus célèbre festival américain. Un énième film de sur la Grande Guerre Patriotique.
Notez que les dix autres films russes en compétition étaient :
La Maison - "Дом" Олега Погодина,
"Кококо" Авдотьи Смирновой, (trop banal)
Faust - "Фауст" Александра Сокурова (trop herméneutique)
Orda - "Орда" Андрея Прошкина
Portrait au Crépuscule - "Портрет в сумерках" Ангелины Никоновой (à mon avis le plus original de la sélection)
Sibérie. Mon amour - "Сибирь. Монамур" Славы Росса
Chef d'orchestre - "Дирижер" Павла Лунгина (pas au mieux de sa forme)
Vissotsky - "Высоцкий. Спасибо, что живой" Петра Буслова, (on l'a échappé belle !)
Match - "Матч" Андрея Малюкова
Chapiteau Show - "Шапито-шоу" Сергея Лобана. (Certainement trop ésotérique pour franchir les frontières)
vendredi 31 août 2012
Nikita Mikhalkov tourne une adaptation de "Coup de soleil" de Bounine
Le quotidien Vedomosti révèle que la ville de Gorokhovets est paralysée par le tournage du prochain film de Mikhalkov. Basé sur une nouvelle du grand écrivain russe blanc, il s'agit, selon Mikhalkov, d'un "petit budget" (pour changer). Aucun acteur célèbre n'y figure. Tout à fait étonnant ! Serait-il revenu 30 ans en arrière ? Que nenni. C'est la mode, paraît-il. Coppola et Scorcese aussi font dans l'ascèse. En attendant, la ville de Gorokhvets étouffe. On attend une visite de Poutine, ami semble-t-il de Mikhalkov. "Les gens du FSB ou du FSO [organes affectés à la sécurités des personnalités russes] sont venus chez moi avec des chiens renifleurs de bombes", raconte une habitante. "Ils ont visité toutes les maisons". Espérons qu'ils n'aient pas dérangé les gens pour une énième daube du camarade Mikhalkov, qui depuis 15 ans s'intéresse davantage au business et à la politique qu'au 7ème art.
Кококо (2012) Le peuple et les intellos font bon ménage - **
Sujet ultra rabâché par le cinéma, ce 'Crocodile Dundee' à la russe souffre de longueurs et d'une réalisation (Avdotia Smirnova) dépourvue d'imagination. Le film cale après les quinze premières minutes (après l'étonnement causé par l'adoption insensée de Troïanova par Mikhalkova) dans un train train quotidien, lassant, fait de papoteries féminines et de non-événements issus d'un journal intime. Rien de surprenant venant de Smirnova (épouse du célèbre politicien Anatoli Tchoubaïs), qui dans le proche passé nous a infligé un nullissime Два дня (deux jours) et réalise (ou scénarise) en général des feuilletons pour la télé.
Après Волчок, Troïanova n'avait déjà plus rien à prouver en matière d'interprétation de beauté provinciale (elle joue quasiment le même rôle). On ne peut pas en dire autant de Mikhalkova, qui doit son rôle à son amitié avec la réalisatrice. Mikhalkova... non, désolé, je n'y crois pas une seconde. Elle n'est pas faite pour interpréter une intello pétersbourgeoise. Tout en elle crie : 'Je suis une moscovite bien nourrie, pétée de thunes et je n'ai besoin de rien ni de personne'. Contente d'elle-même, les pieds fermement plantés dans un confort matériel et la tête pleine de bon sens reposant. Où est la détresse dostoïevskienne ? Où est le doute, la fragilité, l'exubérante folie de Saint-Pétersbourg ? Si elle était contrainte d'employer Mikhalkova, Smirnova aurait du en faire un agent immobilier dans un décor moscovite. Laissez donc Piter hors de ces papouilleries de sitcom.
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